Pourquoi j'ai arrêté la pilule

Sûrement parce que c'est aujourd'hui inscrit dans nos moeurs, à un certain âge, les jeunes filles se sentent "obligées" d'adopter un moyen contraceptif. D'adopter une pilule. Moi la première.


Tout d'abord, je pense qu'il convient que je vous donne quelques indications concernant ce mode de contraception. Comme je le disais plus haut, la plupart du temps, beaucoup de femmes se tournent vers la pilule tout simplement parce que c'est un moyen de contraception assez simple. La pilule contraceptive est en effet présentée sous forme de petit comprimé que l'on prend chaque jour. Facile non ? Néanmoins, ces comprimés contiennent des hormones destinées à agir sur les ovaires de sortes qu'il n'y ait pas d'ovulation. Sans ovulation, pas de fécondation, c'est aussi simple que ça. 

Pour être tout à fait transparente avec vous, lorsque j'étais adolescente, encore lycéenne, l'idée de prendre une pilule un jour me plaisait beaucoup. Je trouvais que ça nous rapprochait de l'âge adulte et que de ce fait, on devenait petit à petit des adultes responsables. Je ne me suis pas pressée pour autant. J'ai pris ma première pilule à l'âge de 19 ans. L'âge où j'ai connu ma première relation longue, qui nécessitait donc une certaine protection (si vous voyez ce que je veux dire). Ce jour-là, j'étais assez contente mais aussi anxieuse. J'avais quelques amies qui avaient connu certaines difficultés et pas mal d'inconvénients avec la pilule. Ajoutez à cela tout ce que j'avais pu lire sur Internet et bien évidemment l'avis de mon médecin. Ceci étant dit, j'ai la chance d'avoir le même médecin depuis des années, elle me connait très bien et sait donc ce qui semble être le mieux pour moi. Elle m'a donc prescrit une pilule micro-dosée, la pilule Trinordiol*

Lors de mes premières prises, j'étais assez contente car il semblait que je la supportais assez bien. Je n'avais guère pris de poids, je n'avais pas de nausées. Tout allait alors pour le mieux. Néanmoins, j'ai eu mon premier choc émotionnel à cette même période. Nous étions au mois de septembre et ma rentrée devait avoir lieu. Sauf que cette année-là, il n'y avait pas de rentrée pour moi. Je l'ai vraiment très mal vécu. Je n'avais le goût de rien, je voulais simplement rester chez moi, en pyjama à m'apitoyer sur mon sort. Bien évidemment, il m'a fallu un temps fou pour faire le lien. Il m'a fallu 2 ans. 

Les années sont donc passées et au fond de moi je savais que quelque chose n'allait pas mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Jusqu'au mois de septembre dernier. En effet, en rentrant de notre voyage d'Amsterdam, il y avait une émission sur la radio Inter. Ils parlaient de la pilule. Autour de la table, il y avait bien évidemment des médecins qui défendaient la prise de la pilule mais il y avait aussi cette jeune chercheuse qui pointait du doigt la pilule contraceptive et qui en exposait tous ses effets indésirables. La prise de poids, la dépression, le dérèglement hormonal et j'en passe... 

Ça m'a frappé en pleine tête. Je venais de mettre le doigt sur le problème. Cela faisait quelques mois que je me sentais constamment mal à l'aise. J'avais très régulièrement des nausées et ajoutez à cela que je me sentais prisonnière dans mon propre corps. Ce corps qui finalement, me semblait de plus en plus étranger. Mais je ne voulais pas encore voir la réalité en face. C'est après de longues heures de réflexions et de longues heures de discussions avec mon chéri que j'ai décidé de prendre rendez-vous chez mon médecin. Et croyais-moi, ce rendez-vous n'aurait peut-être pas eu lieu si vite, si mon chéri n'avait pas été là pour m'épauler. 

Étant suffisamment à l'aise avec mon médecin, j'ai pu lui exposé mon point de vue et lui expliquer les symptômes que j'avais pu remarquer au cours des derniers mois. Elle a été très compréhensive et m'a clairement dit que mon choix était légitime. J'ai donc dû passer une prise de sang afin de vérifier que tout allait bien et là encore l'avis de l'infirmière a motivé mon choix. Trop peu de femmes en parlent, trop de femmes sont timides sur le sujet. Mais il est bien là. Si vous voulez savoir, l'infirmière en question m'a dit que mon choix était très responsable et très courageux pour mon âge. Qu'elle était elle-même face à ce combat pour sa propre fille qui approchait de l'âge "fatidique", et qu'elle refusait d'infliger cela à sa fille car elle avait elle-même connu des difficultés. 

Je ne suis pas une pro sur le sujet vous savez, j'ai simplement écouté mon corps. Si vous souhaitez vous informer un peu plus sur le sujet, je vous invite vivement à lire de nombreuses études qui en parlent et que vous pouvez très facilement retrouver sur Internet. 

Aujourd'hui je me sens bien mieux. Les nausées ont totalement disparu de la circulation, les quelques kilos qui accompagnaient ma pilule ont eux aussi disparu. Je pense que je n'oublierai pas ce sentiment de libération que j'ai ressenti le premier mois sans pilule. C'était vraiment intense. J'ai réellement senti mon corps se libérer d'un poids, j'ai tout simplement senti mon corps reprendre possession de ce qui lui appartenait. 

Néanmoins je tiens à préciser un autre point. Il n'est clairement pas recommandé de rester sans moyen contraceptif ou encore de stopper sa pilule sans l'avis d'un médecin. Comme je vous le disais plus haut, mon copain a été très compréhensif, il m'a épaulé et il est tout autant concerné que moi par ce choix, finalement. Décider d'arrêter la pilule n'est pas un choix facile mais dans certains cas, ça peut être une bonne idée. Ça a été le cas pour moi. Aujourd'hui, je suis incapable de vous dire que je ne prendrai plus jamais la pilule de ma vie. J'ai toujours chez moi, une ordonnance prescrite par mon médecin d'une pilule encore plus faible que celle que j'avais. Je ne l'ai toujours pas touché. 

Sachez simplement qu'il existe beaucoup de moyens de contraception que l'on ne connait pas, tout simplement parce qu'on est très mal informé sur le sujet. Lorsque j'étais au collège, on nous a bien évidemment parlé du préservatif mais devinez qui venait en seconde place ? La pilule. C'est donc, je pense, tout à fait légitime de se tourner vers elle lorsqu'on en entend constamment parler. 

Cet article n'a pas pour but de vous influencer dans votre choix, loin de là cette idée. Je voulais simplement partager cette expérience avec vous car je pense que c'est important d'en parler.  Encore une fois, je n'ai aucune compétence pour en parler alors je me base sur ce que je connais, à savoir mon propre corps. D'ailleurs, n'hésitez vraiment à partager sous ce post vos témoignages et vos avis sur la question, je serai ravie de pouvoir les lire!

* Le fait de nommer la pilule n'a lieu qu'à titre informatif.  


Commentaires

  1. Encore une fois un post très intéressant :)
    C’est un sujet que l’on évoque parfois, aujourd’hui, de façon futile, sans vraiment se sentir concernées... un sujet dont tous le monde est sujet, hommes ou femmes mais dont personnes ne parle vraiment. Un sujet presque « tabou »A, aors que les problèmes que tu as pu vivre ou ressentir sont bien présents, et je penses que tu n’es pas la seule à les avoir vécu ou à les vivre.
    Alors merci pour ton article encore une fois et si celui ci peut ouvrir débat alors je serai la première à en parler !
    Continue en tout cas :)

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    1. Je te remercie pour ton commentaire ! Effectivement, je pense que c'est un sujet qu'on aborde trop peu de nos jours dans une société si avancée que la notre ... Et qui finalement, ne semble pas si avancée que ça !

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